La galerie Lacerte invite le public à découvrir l’art de Carlos Quintana. L’artiste cubain mène une carrière internationale, produisant une œuvre unique qui nous fait apprécier encore un peu plus la peinture.
C’est lors d’un voyage à Cuba que le galeriste Louis Lacerte a rencontré Carlos Quintana dans son atelier de La Havane. Sur place, il a fait l’acquisition d’un grand tableau rose. Une œuvre d’une luminosité exceptionnelle, peinte en Espagne, qui vaut à elle seule la visite de cette exposition. Il a aussi invité le peintre à séjourner à Montréal pendant un mois, pendant lequel Carlos Quintana a réalisé sans répit les tableaux et les dessins qui ont été exposés à la galerie montréalaise Orange en 2007, avant d’être présentés à Québec. L’artiste produit souvent sur place les œuvres qu’il expose. Il est actuellement à Pékin afin de préparer une exposition pour juillet qui sera présentée dans une galerie de la capitale chinoise.
L’artiste de 42 ans vit entre Madrid et Cuba. En 1989, il participait à la troisième Biennale de La Havane. Il s’est depuis inscrit dans un réseau commercial qui fait voyager son art. Il ne faut d’ailleurs pas se laisser intimider par le prix des œuvres de ce dessinateur aguerri; elles suivent la cote de l’artiste sur le marché international. Apprécions donc cette peinture empreinte de fortes dualités. On pourrait les interpréter comme celles d’un voyageur tourmenté qui bénéficie d’une liberté chère, peu accessible à ses compatriotes. Mais ce n’est évidemment pas ça! La quête spirituelle de l’artiste semble hanter ses œuvres autant que ses recherches picturales s’exprimant avec frénésie.
Les figures de moines qui peuplent sa peinture portent toutes les ambivalences et les questionnements du peintre adepte de la religion yoruba, une religion afro-américaine pratiquée à Cuba. Ses œuvres sont tantôt chaotiques, tantôt plus paisibles et résolues. Les moines bouddhistes lévitent dans des plages de couleurs, des têtes sans corps portent des masques de la commedia dell’arte : tout est possible dans l’espace fictif de la peinture. Et fort heureusement, on n’épuise pas le sens de ces tableaux où la signature de l’artiste s’affirme sur la surface avec les noms des lieux, les dates où ils ont été réalisés, incarnant les œuvres dans le réel. Nous y sommes aussi.

Carlos Quintana, à la galerie Lacerte art contemporain, 1, rue Dinan à Québec, jusqu’au 16 juin 2008.